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Vivre sous le corona Virus – Jour 8

mars 24, 2020

Vous ai-je déjà dit que j’habitais dans un bled? Un village de moins de 1000 habitants, là où vous avez le droit de panacher les listes pour les élections municipales. C’est à dire barrer des noms d’une liste pour en rajouter d’une autre. Genre « d’en même temps » rural.

Cela peut être un inconvénient notamment pour faire ou faire faire des activités sportives ou culturelles car l’offre est réduite. Par contre lors d’une épidémie de Corona-virus cela présente quelques intérêt. Et encore plus si vous habitez à la campagne et pouvez jouir de son luxe : l’es-pa-ce.

Après une longue journée de télétravail, et la confection de pain perdu pour mes boys, je chausse mes baskets pour une marche rapide. Je pense à prendre mon attestation de déplacement cette fois (la dernière fois j’avais oublié).

Comme il fait frais j’ai enfilé mon blouson coupe-vent sur une veste de survêtement à capuche. Je suis parée pour résister à la seule bise que je recevrai de l’extérieur aujourd’hui. Je remarque que ma respiration n’est pas facile, mon rythme plutôt. Dans un premier temps, je me cale sur 4 inspirations par le nez et autant par la bouche, le tout synchronisé sur le rythme que mes bras ont pris. Pas facile aujourd’hui, d’autant plus que l’air inspiré est bien frais, frais à faire un peu mal aux narines. Au bout de quelques minutes je cale mon rythme : c’est à dire je n’y pense plus. 🙂

Je peux alors me concentrer sur ma vue. 2 chevaux s’offrent à elle. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’ils perçoivent de cette crise qui agite et confine les humains.  Nul doute qu’ils doivent percevoir la peur qui étreint certains d’entre nous.

corona virus marche pleine conscience chevaux en pature

Je poursuis mon chemin et vois une première personne : ma voisine, celle que j’ai déjà croisée au jour 3). Nous échangeons quelques mots à distance. Au croisement suivant, le vent me pousse et l’effort aidant, je sens que j’ai chaud, alors j’entrouve mon coupe-vent. Cela fait du bien, je ressens une bonne chaleur, juste bien. Je croise mon second humain. Nous nous disons bonjour, nous sourions. C’est amusant nos réactions, un peu de surprise de voir quelqu’un puis de la joie toute simple. J’ai pu vérifier ces 2 étapes lors des 2 rencontres suivantes de la marche rapide.

Je fais demi-tour et la bise me cueille aussitôt, je referme mon coupe-vent. Au fil des pensées une chanson de Barbara me revient en mémoire….

Il me revient en mémoire,
Il me revient en mémoire,
Il me revient des images,
Un village,
Mon village.
Il me revient en mémoire,
Je ne sais pas,
Comme un songe,
Cette histoire

balade en campagne soleil fin apres midi

C’est amusant les détours que font nos pensées alors que nos jambes tracent la route. Lors que les sens en éveil, j’appréciais les sensations du vent sur moi, j’adaptais mes pas aux cailloux qui jonchaient le chemin. J’ouvrais tout grand mes mirettes et ressentais le rythme régulier de mes pas. Je m’étonnai encore du peu d’odeurs qui arrivaient à mes narines….

Et pendant ce temps, mes idées surgissaient et vagabondaient. Je n’étais donc pas seule.

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